Une bouffée d'oxygène

Une bouffée d'oxygène

Une journaliste en goguette

Beaucoup de gens partent en voyage en quête de dépaysement. C’est également mon cas. Malheureusement, j’ai dû me rendre à l’évidence, la nuance entre le parfait touriste étourdi et ce goût pour les jolis paysages et les horizons lointains est mince. Dernièrement, vous avez pu consulter un article exposant la problématique des navires arrivés en fin de vie. Etant l’auteure de l’article en question, je suis en mesure de dire que j’ai une relative bonne connaissance du sujet. 
En août dernier, j’ai eu le privilège de découvrir la Turquie. Si cette destination revient de plus en plus dans les échanges de récits de voyage, je comprends et confirme l’engouement croissant pour ce pays entre Occident et Orient. J’ai moi aussi été conquise, tant par son patrimoine historique et architectural, que par ses paysages et l’hospitalité des ses habitants. 
Mais là n’est pas le fond de mon propos. Tout juste arrivés à l’aéroport international Atatürk, mon charmant compagnon de voyage et moi-même avons fait route vers notre hôtel en taxi, silencieux face à la vue qu'offrait la baie. Trop occupée à écarquiller les yeux pour intégrer le maximum d’éléments nouveaux, j'ai été suprise par le nombre impressionnant de cargos ancrés dans la baie. A cet instant, ni leur état de délabrement avancé, ni leur présence en nombre n'ont suffi à me mettre la puce à l’oreille. 
Il faudra attendre quelques jours, et la rencontre avec un aimable expatrié guinéen, de passage en Turquie, pour comprendre que nous avons été accueillis par « le cimetière à bateaux ». Oubliée l’interview de la responsable du dossier démantèlement au ministère de la défense français, la journaliste en moi s’était muée en un simple touriste, dont les yeux regardaient sans voir véritablement. Comme vous pouvez le constater, la Turquie reste une terre d'accueil, où viennent mourir des navires de toute provenance. 
La seule explication à cette tardive prise de conscience est la difficulté d’admettre une réalité qui, bien que connue, est moins évidente à intégrer une fois mis devant le fait accompli. Le fait est que peu de gens semblent s'émouvoir de ce spectacle, les passants longeant la promenade du bord de mer dans une apparente indifférence. Il est fort probable que mon petit cerveau, côtoyant trop rarement à mon goût d’autres réalités que celle qu’il vit quotidiennement, ait fait preuve de la même capacité d’abstraction. 
Mais, même si je me répugne à l’admettre, la vérité, c’est que j’ai probablement souffert du syndrome des œillères du touriste, en ne voyant que ce que j’avais envie de voir. Malgré la beauté de ce si accueillant pays qu’est la Turquie, certains problèmes se posent. Et se constatent, si tant est que l’on ouvre un tant soit peu les yeux. Je pensais être une voyageuse vigilante, suffisamment aux aguets pour voir au-delà de la façade. Je me console en me disant que j’ai finalement pris conscience de mon erreur et que lors de ma prochaine visite en territoire turc (ce qui ne saurait tarder, ma curiosité n'ayant été totalement assouvie), je serai encore plus attentive à la vie autour de moi. Et si vous m'y précédez, ouvrez les yeux pour moi !


29/10/2012
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