Une bouffée d'oxygène

Une bouffée d'oxygène

L'eau douce : or bleu pour les uns, besoin vital pour tous

Si elle vient à nous par le seul intermédiaire d’un robinet, nous aurions tort de considérer l’eau que nous buvons comme acquise. Et si elle fait partie de notre quotidien, c’est tout simplement parce qu’elle est essentielle à notre survie. Pourtant, pour vitale qu’elle soit, elle ne parvient pas à tous. Certes, au sens large, l’eau n’est pas une denrée rare sur Terre. Les océans couvrent 71 % de la surface de la Terre. Ils représentent 97, 2 % du volume d’eau de notre planète. Mais les chiffres peuvent mentir, ou du moins induire en erreur. De fait, l’eau douce ne pèse que pour près de 2,5 % du volume total d’eau, une grande partie étant des glaciers. 
 

 
Si de nombreuses inégalités divisent le monde actuellement, l’approvisionnement en eau douce en est une majeure. Il n’est pas dans l’habitude de l’homme de réparer certaines inégalités naturelles. Il est plutôt apte à en créer de nouvelles, en s’appropriant des ressources naturelles qui représentent souvent les seules richesses pour certains. Si la course à l’or noir fait rage pour satisfaire notre gourmandise énergétique, nul doute que la quête de l’or bleu, répondant à l’un de nos besoins vitaux, ne devrait pas faire de quartier. 
 
Selon les Nations Unies, le manque d’eau affecte plus de 40 % de la population mondiale. Les effets sont plus ou moins marqués selon les régions du monde concernées. Mais, même chez nous, la concurrence pour l’eau entre l’agriculture, l’industrie et l’alimentation des particuliers est devenue monnaie courante lors des périodes sèches (ce qui n’est pas le cas actuellement, nous en conviendrons). A l’heure actuelle, 70 % de la consommation d’eau dans le monde sont à mettre sur le compte de l’agriculture. L’eau consommée dans les villes représente moins d’un quart, voire moins en Afrique. En Asie et dans le Pacifique, la part imputable à l’agriculture culmine à environ 85 % de la consommation d’eau. D’après la FAO (1), si la tendance actuelle se maintient, le manque d’eau devrait toucher 1,8 milliard de personnes d’ici 2025. 
 
La politique de l’autruche a fait son temps
 
Mais tout n’est pas perdu. Je fais peut-être partie de certains utopistes rêveurs, et croyez-moi ce serait une surprise, mais je crois que nous entrons dans une ère de mise à mal de nombreux tabous : scandales sanitaires tels que le Mediator, les pilules contraceptives ; révélations sur les agrocarburants et leur appropriation de terres alimentaires ; acceptation de la réalité de pollutions chroniques incluant les pesticides, les PCB et autres joyeusetés. Certes, l’univers médiatique est bercé de mises en garde sur les multiples crises (financière, sociale…) qui nous attendent. Pourtant, j’ai récemment entendu une personne affirmer que, s’ils inquiètent, les changements ne sont pas forcément négatifs. Il faut d’abord prendre conscience des problèmes avant de s’y attaquer. Et c’est un discours qui revient souvent dans les conversations.  
 
L’opinion publique n’est plus versée dans l’univers des Bisounours. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose, je ne saurais le dire. Toujours est-il que les gens ne se bercent plus d’illusion. Ils connaissent les enjeux des stratégies politiques à l’internationale, et la fâcheuse tendance qu’ont nos dirigeants à aider ceux qu’il est dans leur intérêt d’aider. Ils savent que les gaz à effet de serre sont bien présents et que notre santé et celle de notre environnement se porteraient mieux sans. Ils savent aussi que le greenwashing, terme aussi à la mode que les pratiques qu’il désigne, est devenu incontournable pour le monde entrepreneurial, et qu’il est plus ou moins légitime selon les cas. 
 
Agir à la source
 
La problématique de l’approvisionnement mondial en eau n’est plus le cadavre dans le placard dont on détourne les yeux. Affectant désormais la quasi totalité du monde, cette pénurie inquiète même dans les hautes sphères. Ainsi, le thème de la Journée internationale de la biodiversité, tenue le 22 mai dernier, était « l’eau et la biodiversité ». De même, 2013 a été baptisée « Année internationale de la Coopération dans le domaine de l’Eau ». Certes, rien de nouveau sous le soleil. Toutefois, le thème a le mérite de s’intéresser aux enjeux qu’implique en amont la préservation des ressources en eau. L’an dernier, la Conférence de l’ONU sur le développement durable, Rio +20, a reconnu le rôle essentiel joué par les écosystèmes en terme de préservation de la quantité et de la qualité des ressources en eau. « Les forêts contribuent à réguler l’érosions des sols et à préserver les ressources en eau et leur qualité. La présence de zones humides peut réduire les risques d’inondation ». 
 
On l’aura compris, le domaine de réflexion est vaste et complexe. Mais des questions se posent et des efforts sont faits pour y répondre. Consciente de la précarité actuelle de l’approvisionnement en eau, conséquence d’une demande qui dépasse souvent l’offre, l’Assemblée générale des Nations Unies a intégré le Plan stratégique pour la diversité biologique 2011 – 2020 de la « Convention sur la diversité biologique » au programme de développement de l’après-2015. Derrière ces belles formulations et ces beaux discours, il s’agit de prendre conscience des nombreux enjeux liés à la préservation et la distribution équitable des ressources en eau. La diversité biologique des sols est ainsi essentielle pour réguler l’apport en eau des cultures. De même, l’aménagement urbain (artificialisation des sols, urbanisation galopante) est la clé pour combattre le « stress hydrique » (2) qui touche de plus en plus de villes. Par ailleurs, dans beaucoup de pays en voie de développement, l’approvisionnement en breuvage sain est intrinsèquement lié aux difficultés rencontrées en terme d’assainissement. Toutes ces questions ne peuvent être laissées de côté si on veut garantir à tous le droit primaire d’accès à une eau potable.
 
1- Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.
2- « Le stress hydrique se définit comme une insuffisance d’eau de qualité satisfaisante, pour pouvoir répondre aux besoins humains et environnementaux ». (Source : The United Nations Human Settlements Programme (UN–HABITAT)). 
 
Cécile


25/05/2013
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